Je suis allé à Hiroshima. Ça fait un moment déjà, mais j'ai pas eu le temps/courage d'en parler. Ni même de mettre les photos en ligne d'ailleurs. J'en ai sûrement oublié des détails depuis, autant
rédiger ça avant d'en oublier encore plus.
Visiter Hiroshima, ça vaut bien deux jours (plus si affinité). Coup de bol, on avait un week-end de quatre jours. On a décidé de prendre un bus de nuit, arriver le samedi matin très tôt, passer une
journée à visiter la ville, et une journée à visiter l'île. Donc le vendredi, on est allé à Nagoya, et on a profité de la fin de journée pour faire le tour de la ville. Nagoya, c'est assez vite vu.
Un endroit qui, sur le plan, ressemblait à un parc s'est avéré être un zoo juxtaposé à un jardin botanique, ni l'un ni l'autre en accès libre. On est monté en haut de la tour au centre, on avait un
joli point de vue sur la ville. Le temps qu'on retourne vers le centre ville, il faisait déjà nuit. On a fait le tour du château de nuit, c'était joli malgré le froid. Détruit lors de
bombardements, le château a été reconstruit. Les seules parties originales sont des statues en or de poissons, au sommet du toit, et les habitants en sont pas peu fiers. Vers les 23h, on prenait le
bus de nuit pour Hiroshima.
On est arrivé tôt le samedi matin. Après un court voyage en tramway, on a visité un petit jardin absolument adorable, avec un lac, plein de petits ponts et sentiers tortueux. On y a passé environ 2
heures, et je serais bien resté plus longtemps s'il n'y avait pas eu tout le reste de la ville à visiter. Le château de Hiroshima tout près. Il était pas très loin de l'explosion, non plus. 150
mètres à peine. Il a, bien sur, été complètement rasé. Utilisé précédemment comme QG militaire, la reconstruction contient un musée sur l'histoire de la région. A l'extérieur du bâtiment, mais
toujours à l'intérieur des douves, un arbre aux formes torturées témoigne silencieusement de la tragique histoire de la ville.
En poursuivant notre balade vers le sud, on est enfin arrivé au Dôme, un bâtiment si proche de la verticale de la bombe que l'onde de choc a emporté les toits, les plafonds, mais pas les murs. Il a
été laissé tel quel, renforcé mais pas rénové, pour remémorer les horreurs passées et faire en sorte qu'elles ne se reproduisent plus.
De l'autre coté de la rivière, une large zone a été consacrée au Peace Memorial Park: un grand espace, de l'herbe, des plantes, de nombreux monuments dédiés aux victimes. Une zone est dédiée aux
enfants tués par la bombe. Une coutume japonaise dit qu'on peu réaliser un voeu en pliant un millier de grues en papier. Une petite fille, empoisonnée par les radiations, a plié des milliers de
grues dans l'espoir de guérir, en vain. L'endroit consacré aux enfants abrite des milliers de de ces milliers de grues, offerts par des milliers de gens du monde entier en signe de sympathie. Le
site héberge également des musées dédiés à la bombe et ses conséquences. Le premier musée, gratuit, répertorie les victimes. Des ordinateurs en accès libre permettent de consulter les noms,
possessions, et témoignages des victimes qui ont eu la malchance de ne pas mourir sur le coup. Des murs d'écrans affichent aléatoirement les photos et détails de victimes. Le deuxième musée n'était
pas gratuit, il coûtait presque 30 centimes d'euros par personne, c'est scandaleux! Tout aussi déprimant, celui-ci se concentre sur les faits plus que sur la mémoire des victimes. La première salle
présente le point de vue historique qui m'a semblé remarquablement objectif. Aucun pays n'est diabolisé, aucun pays n'est innocenté, la responsabilité de chacun semble clairement présentée. Les
murs pourtant vastes sont tapissés des lettres que les maires de Hiroshima ont envoyé aux représentants des pays à l'occasion de chaque essaie nucléaire depuis 1953. La suite inclut de nombreuses
reproductions, miniature ou taille réelle, de la ville et ses bâtiments avant et après la bombe. Puis viennent les reliques, les morceaux de verre fondus, les fragments de murs et tuiles, les
nombreuses montres toutes arrêtées à 8h15, les morceaux de peau et d'ongle des malheureux qui ont survécu à la détonation, des statues taille réelle représentant les victimes dont la peau fondue
par les radiations coule le long de leurs membres... Ça met le moral en carafe, mais le message passe bien: la guerre, c'est mal.
Après tout ça, il était déjà tard. On est allé manger des Okonomiyaki. La spécialité locale, c'est les okonomiyaki aux soba. C'était plutôt bon, mais je sais pas si ça vaut la peine d'en faire une
spécialité locale de renommée nationale. En tout cas c'était toujours mieux que la spécialité de Nagoya, le miso. On trouve de la soupe au miso partout, mais la spécialité de Nagoya c'est de mettre
du miso partout, dans les ramen, dans les soba, dans les udon, dans les tonkatsu, partout. Et comme le miso, c'est pas si unique que ça, ça m'avait pas vraiment impressionné.
Ce qui m'a plus impressionné, par contre, c'est Miyajima, qu'on est allé visiter le samedi matin. Y'a pas grand chose à décrire, c'est juste une ile magnifique. On a pris le tramway pendant une
petite heure, puis le ferry même pas une demie-heure. Y'avait des cerfs partout, comme à Nara. L'endroit où le ferry nous a laissé était encerclé par des temples divers. Le plus célèbre,
Itsukushima, est connu pour son torii marin dont les pieds sont recouverts par l'eau à marée haute. En fait, le temple entier est sur pilotis et baigne dans l'océan à marée haute. On y a vu des
démonstrations d'arts martiaux, au sabre et à la lance. Ensuite, on est allé marcher dans les collines. Le téléphérique qui mène au sommet avait entre une et deux heures de queue, ironiquement
c'est à peu près le temps qu'il faut prend pour faire le trajet à pieds. Donc on a fait un bout de chemin à pieds dans les petits sentiers montagneux, et c'était magnifique. C'est là que le temps a
commencé à manquer. Le bus de nuit pour rentrer à Tokyo dure pratiquement 12h, donc il part assez tôt dans la soirée. On a pris le ferry juste à temps pour avoir le coucher de soleil au-dessus du
torii de Itsukashima.
Retour en tramway, gare d'Hiroshima, bus de nuit, Tokyo lundi matin tôt. Le récit s'arrête ici.
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