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Lundi 9 avril 2007
Comme vous devez le savoir, depuis le temps, j'ai tendance à me spécialiser vers des organisations bancales, tirant fortement sur l'improvisation. C'est ainsi que, la semaine dernière, en essayant d'étendre mon séjour à l'auberge de jeunesse suffisamment longtemps pour emménager dans ma collocation, ils étaient déjà complets et je me suis retrouvé avec 3 nuits d'affiler à la rue (ainsi que quelques autres pas d'affiler, mais y'a eu des annulations et tout s'est bien terminé). Mon boulot commençant le lundi d'après (c'est à dire ce matin), j'ai décidé de profiter de mes derniers jours de liberté pour aller un peu loin. J'ai choppé un guide du Japon et j'ai feuilleté la section "à ne pas louper". Après avoir considéré les villes les unes après les autres, il m'a semblé que pour un voyage de ce genre, Kyoto serait le plus adapté. En ajoutant des petites excursions un peu à l'extérieur de la ville, en remaniant un peu le tout, j'ai eu un joli programme, Himeji-Nara-Kyoto.

Joli travail de planification, direz-vous. J'ai même été jusqu'à contacter des auberges (qui étaient malheureusement pleines) et à prendre des adresses de capsule-hotel à Kyoto. Je décide de voyager léger, un seul sac à dos avec aussi peu d'affaires que possible. Pour être prêt au pire je prends mon sac de couchage, pour ne pas être limité à 15 photos en 3 jours je prends mon portable. Le poids du reste est négligeable, mais je finis quand même avec un sac bien trop lourd à mon goût.

J'ai pu mettre la main sur un pass pour le train fait pour les gens qui ont plus de temps que d'argent. En gros, au lieu de prendre les trains rapides qui vont d'une ville à l'autre, je prends les lignes lentes qui traversent les villes (les trains et les métros c'est un peu la même chose ici). 8h au lieu de 2, 8 changements au lieu de 0. Mais c'est moins cher. Du coup je suis parti le matin, très très tôt, genre 4h à la gare. A 4h la ligne qui m'amène à la gare fait dodo, donc ça veut dire aller à la gare à pieds. Ça veut dire se lever à 3h environ. Du coup j'ai peu dormi la nuit, et j'ai peu dormi dans le train avec tous ces changements. Mais du coup je suis arrivé à Himeji suffisamment tôt pour visiter la ville avant la nuit.

Himeji, c'est une ville avec un château. En toute honnêteté, il n'y a vraiment pas grand chose dans la ville à part le château. Mais c'est un très joli château. Vous verrez quand j'aurai mis à jour les photos (j'en ai pris une bonne centaine, ça va me faire du boulot), il est sur toutes les photos. Bref, en sortant de la gare, je vois une large avenue qui va tout droit jusqu'au château. Je marche jusque là, je visite les jardins les plus au sud, je rentre dans le château, je visite jusqu'au sommet (8 étages), je redescends, je visite le nord des jardins. Puis je rentre à la gare et je vais à Nara. Le pass est valable une journée entière, j'ai fait entre 15 et 20h de train, je crois que c'est rentabilisé.

J'arrive, donc, à Nara. Je me mets en route vers un bar dont j'avais trouvé l'adresse, qui ouvre à 18h, dont les propriétaires ont l'air très sympas, organisent des trucs pour les backpackers, ont une salle à l'étage reconvertible en dortoir en fonction des besoins, et qui, s'ils ne peuvent m'héberger, pourront me dire ou dormir. Après m'être perdu pendant pas mal de temps, je finis par trouver le bar. En fait, j'étais passé devant plusieurs fois, mais je ne l'avais pas vu. Pour la simple raison qu'il était fermé.

Il était tard, il faisait nuit, j'avais perdu mon point de chute, j'en avais plein les pattes d'avoir marché pendant des heures, plein le dos d'avoir porté mon sac. Je m'assois sur le bord de la route, j'allume mon PC, et là, assis par terre dans une toute petite ville pleine d'espaces verts, je trouve un point wifi et je me connecte à internet. Je constate que 18h, c'était pas l'heure d'ouverture, c'était l'heure de fermeture. Une dame habitant la maison d'en face essaie de me demander si j'attends quelqu'un. Elle ne parle pas anglais, je ne parle pas japonais. Je lui offre un morceau de brownie, elle m'offre un café.

Je me remets en route. A avoir cherché ce bar pendant bien 2 heures, à défaut d'avoir une carte, je commence à connaître la ville. Je me dirige vers les axes principaux, je retrouve les divers hôtels, je regarde les prix, je trouve un manga café ouvert 24h sur 24. Forfait nuit, 23h à 4h, espace privé, 1500 yens (internet, mangas, boissons à volonté, tout ça). Je continue à marcher en attendant 23h. Les convenience store, c'est bien. Y'a de la lumière, il fait chaud, y'a à manger, c'est ouvert toute la nuit. Que demander de plus. Si ce n'est un endroit ou poser son sac et reposer ses jambes... L'heure d'aller se vautrer dans un fauteuil approche. Je vais au manga kissa en question. Le tarif indique un tarif "visiteur" et un tarif "membre". Seul le tarif membre inclut les forfaits nuit. Je demande ce qu'est un membre, les 2 japonais au comptoir répondent "no member" en se faisant un sourire en coin style "y'en a qui disent vraiment n'importe quoi". Ils me donnent une feuille en anglais à remplir: la première ligne étant "résidez-vous au Japon" sans espace pour marquer la réponse, tout le reste est consacré au tarif "visiteur". Bien embêté, j'essaie de caser un "oui" à coté de la première question. Double cri de surprise, multiples excuses, ils reprennent la feuille en question et me font une magnifique carte de membre. C'est à dire, ils prennent un bout de carton style carte de visite et ils marquent mon nom dessus au stylo. C'était bien la peine d'en faire tout un fromage.

Les espaces privés en manga kissa, c'est le pied. Bonne sélection de boissons chaudes et froides, excellente sélection de mangas (pour les veinards qui savent lire), connexion internet. Pas de wifi ni de connexion pour portable, mais en débranchant le câble réseau du fixe et en le branchant sur le portable ça marche très bien... Je suspecte que c'est pas fait pour... Bref, la nuit se passe sans incident, je m'accorde quelques heures à dormir sur le clavier. Je me mets en route à 4h du matin. Je vais dans un McDo en 24h sur 24, je prends un café, j'allume mon PC, je trouve une connexion wifi. Finalement c'est pareil qu'un manga kissa, sans les manga ni l'espace privé... Le jour se lève, je me remets en route.

Nara est une ville riche culturellement. Ayant choisi mon bivouac stratégiquement, j'arrive directement près d'un temple à étage que j'avais déjà repéré la veille. Symbole incontournable de la ville, il marque également l'entrée de Nara Koen, la zone intéressante de la ville. Difficile cependant de déterminer s'il s'agit d'un parc appartenant à la ville, ou plutôt de la frontière de la ville. Je marche vers le nord-est, vers Todai-ji. Plus grand bâtiment en bois du monde, il héberge la plus grande statue de bouddha en bronze du monde. Des signes de fatigue commencent à se faire sentir, je somnole sur un banc le temps de copier des photos sur mon PC. Je me remets en route plein est, histoire de prendre une route un peu circulaire. Ça monte raide. Les temples pullulent. Les points de vue sur la ville se multiplient. Les cerfs se font plus rares et plus sauvages. Les paysages sont magnifiques, et comme c'est toujours le matin, il n'y a pas trop de touristes et la ballades est très relaxante. Je ressors de la foret plusieurs heures plus tard. La région est réputée pour ses randonnées, les collines sur lesquelles je me suis promené ne sont que les premiers signes des montagnes qui suivent. Je me dirige vers la gare. J'ai l'impression de voir cette ville pour la première fois. J'y ai beaucoup marché la veille et le matin, mais les deux fois de nuit. Les perspectives sont complètement différentes, c'est à peine si je reconnais certains bâtiments.

Je prends un train pour Kyoto. Environ 2h de route, j'arrive vers 14h. Impeccable, ça me laisse le temps trouver un hôtel et de commencer à visiter. Je vais à l'office de tourisme, pour récupérer un plan de la ville. Ils me proposent d'appeler des hôtels pour faire des réservations pour moi, je suis pas très motivé, ils insistent sur le fait qu'il n'y a plus une seule place de libre pour dormir dans la ville de Kyoto cette nuit-là. Difficile d'y croire. Et pourtant c'était vrai. Les hôtels ont des partenariats avec l'office de tourisme et les tiennent au courant des places disponibles, mais même les annulations les plus récentes avaient déjà trouvé remplacement. Tout va bien, je m'attendais pas à ce que l'office de tourisme me trouve un logement de toute manière. Je vais voir mon capsule hôtel. Il est plein. Damned. Ça arrive, ça, des capsule hôtels remplis? Certains ont des centaines de capsules! Ou c'est qu'ils trouvent les gens pour remplir tout ça? Je demande conseil pour un manga kissa, on me redirige vers une intersection. Je demande à l'intersection, on me fait traverser un pont. Je demande de l'autre coté du pont, on m'indique un autre croisement. Je finis par trouver. Ici, pas de carte de membre, pas d'espace privé, moins de choix pour les boissons gratuites, encore moins d'applications installées sur les PC. Les manga kissa, c'était mieux à Tokyo. Mais bon, moins de 1000 yens la nuit, on va pas se plaindre. Histoire d'avoir fait qqch d'intéressant de mon apres-midi, je vais visiter le jardin du palais impérial. C'est joli, mais mes pieds commencent à être furieusement douloureux, sans parler de mes épaules qui commencent à désapprouver le poids de mon sac à dos. Impossible de visiter le palais impérial. Je retourne au manga kissa, et, bénédiction, je pose mon sac.

Même principe que la veille, je repars tôt le matin à la fin du forfait et je vais dans un McDo en attendant que le jour se lève. Cette fois-ci, il ne s'agit pas d'un parc: je dois en plus attendre les heures de visites. Le temps est magnifique, les touristes rares (il est 7h du matin après tout). Je commence par déposer mon sac à dos dans un coffre à la gare. 400 yens pour 24 heures, je vais pas me priver! Je commence par sanjusangendo, un temple à 15 minutes de marche. Il est avant tout célèbre pour ses 1000 statues de bouddha. Une véritable armée de statues à taille humaine. Mais il est également réputé pour ses épreuves de tir à l'arc, et pour avoir été la scène d'un des duels de Musashi, samouraï historique et légendaire.

Retour à la gare. 15 minutes de marche m'amènent à Toji, un temple style pagode, le plus haut du Japon. Un peu décevant cependant: il est très joli, mais on peu pas y entrer. On se console dans le parc et dans les expositions disposées dans les temples voisins.

Retour à la gare. Après une durée de bus assez indéterminée (je me suis endormi plusieurs fois...) je suis arrivé à Kinkakuji, le temple d'or. Contrairement à Ginkakuji, qui n'est pas recouvert d'argent, Kinkakuji est effectivement recouvert d'or. Sa réflexion dans le lac est magnifique. Le parc alentours vaut le détour. Le nombre de touristes commence à devenir plus important... Je marche jusqu'à Ryoanji, un temple célèbre pour son jardin zen. Ce dernier, en bon jardin zen qu'il est, brille par sa simplicité. Le parc qui l'entoure compensent largement en sophistications. Le nombre de touristes augmente encore, et surtout, il se met à pleuvoir. La mémoire de mon appareil photo est pleine, je ne peux accéder à mon portable sans le retirer du coffre de la gare, la perspective de 2h de marche sous la pluie parmi des légions de touristes avec un sac lourd sur le dos n'est que moyennement engageante. En plus, l'heure tourne et il ne reste plus tellement de jour... Je remplace la visite d'un temple un peu à l'extérieur de la ville, qui avait pourtant l'air très joli, par un peu de shopping en centre ville. Les rues marchandes sont assez sympathiques, mais en fin de compte, à Tokyo y'a la même chose en plus grand, plus varié... Je comate dans un McDo une ou 2 heures, le temps d'attendre mon bus. C'est un bus de nuit. Je dors de minuit à 7h, comme une pierre.

Et comme ça serait trop facile, c'est pas fini. J'arrive à l'auberge vers les 8h. Dans leur grande bonté, ils m'autorisent à poser mon sac. Mais, bien que l'occupant précédant soit déjà parti, interdiction d'accéder à mon lit ou à la salle commune avant 15h, l'heure du check-in. Du coup, je me remets en route... Je me venge sur les melon-pan, je regarde les prix des compact cards, chargeurs de batteries et ce genre de choses dont j'aurai très prochainement besoin. C'est fou ce que c'est agréable, de marcher sans sac à dos... Et après 7h de sommeil, mes pieds me font moins mal, c'est la fête!

Si c'est pas un modèle d'organisation qui se déroule comme prévu, ça... Mon seul regret est de ne pas encore avoir pu tester de capsule hotel. Mais j'ai encore le temps. Et cette nuit, j'ai dormi dans un lit pour la première fois depuis jeudi *_*
Par chyro - Publié dans : fmij
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Mercredi 4 avril 2007
Histoire de rompre avec mes principes moraux les plus essentiels et transformer ce journal de voyage en un blog nombriliste, je vais commencer à parler de ma vie privée dont tout le monde se fiche.

Je m'étais demandé quelles chaussures prendre pour ce voyage, et je me suis décidé pour des chaussures que j'avais achetées en Irlande, simple, passe-partout, et dont la semelle est étonnamment résistante et montrait à peine quelques signes d'usure. Quelques jours après mon arrivée au Japon, j'ai constaté que la semelle (bien qu'étant toujours en excellent état) était décollée... Et bien sur, c'était en attendant l'heure de mon entretien devant l'immeuble de mon boulot... Bon, ça a pas ruiné mon entretien, et la super-glu, c'est peut-être pas l'idéal, mais manifestement ça tient plutôt bien.

A suivre...
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Mercredi 4 avril 2007
Suite à la réception de certains mails, j'ai du faire certaines impressions, en particulier un ticket électronique de bus de nuit. Le système informatique de l'auberge étant irrémédiablement pourri, je suis allé pour la première fois depuis mon arrivée au Japon dans un "manga kissa", internet café, ou tout autre nom qu'on souhaitera leur donner.

Eh bien ça a rien à voir avec un webcafé occidental. J'ai été très agréablement surpris. Pour 200 yens (à peine plus d'un euro), j'ai eu droit à une demie-heure. Une demie-heure de quoi, direz-vous. Gratuitement, on m'a prêté un ordinateur portable duquel faire mes impressions. Gratuitement, j'ai pris deux boissons chaudes des distributeurs à disposition. J'ai flâné dans les rayons de mangas et revues, à disposition de ceux qui savent lire le japonais. Les impressions n'étaient pas inclues dans le prix, mais à 10 yens la page j'allais pas faire le difficile...

L'ambiance en particulier m'a marqué. Peu de gens, beaucoup d'espace (enfin selon les standards japonais), une petite musique pas trop forte, tout le nécessaire pour se relaxer sans charge autre que les 60 yens par demie-heure. Également à disposition, en fonction des café et des formules, un fauteuil auto-massant, une télé, des consoles de jeu...  Si seulement je parlais japonais...

C'est la première fois que je vais à un de ces mangas kissa, mais certainement pas la dernière.
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Samedi 31 mars 2007
Si certains d'entre vous connaissent un peu le Japon et souhaiteraient voir certaines choses ou certains lieux specifiques dans la section photo, n'hesitez pas a m'en faire part!
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Vendredi 30 mars 2007
En passant, j'ai désormais une adresse postale (i.e. un appart). Ceux qui veulent répondre à mes cartes postales vont pas tarder à pouvoir ^_-

(Comment ca j'en ai pas encore envoyé?)
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Vendredi 30 mars 2007
Y'a des jours avec et y'a des jours sans. Ce jour-là, je devais retrouver des gens à la station d'Akabanebashi vers 18h. J'arrive presque à l'heure, je ne vois personne. Surpris qu'ils soient partis pile à l'heure sans attendre ne serait-ce qu'une minute, je marche ici et là, j'attends quelques minutes, et je capitule. Je lève le nez, je vois la Tokyo Tower. N'y étant jamais allé, je saisis l'occasion et je me mets en route.

Akabanebashi est probablement la station la plus proche de la Tokyo Tower, j'y suis en quelques minutes. C'est un peut comme une tour Eiffel un peu plus petite, rouge et blanche et avec un centre commercial entre les pattes. Je parcours tranquillement le centre commercial, plein de boutiques de souvenirs, de restaurants, un aquarium, l'un ou l'autre musée, et la billetterie pour monter à l'observatoire au sommet de la tour. Et 600 personnes qui font la queue. Bon, peut-etre une autre fois.

Et maintenant, que faire. Je suis pas loin de Roppongi, un quartier hautement touristique réputé pour sa vie nocturne. Histoire de pas avoir l'impression d'avoir perdu ma temps, je vais y faire un tour. Roppongi, c'est essentiellement des boites de nuits et des fast food. Mais c'est aussi Roppongi Hills, un coin un peu plus chic, avec quelques parcs, un peu d'architecture, une ballade agréable. Je commence à fatiguer, je bifurque vers le nord en espérant rencontrer une station de métro, et j'arrive à Aoyama Cemetary.

Le décors change radicalement. Ca doit être la première fois depuis que je suis au Japon qu'il n'y a personne à portée de vue, excepté dans une salle de bain. Finis les bains de foule, finis les publicités lumineuses clignotantes. Au plus quelques lampadaires ici et là. Lampadaires superflus d'ailleurs. Pour une fois que je ne suis pas entouré de lumières artificielles, je me rends compte de l'ampleur de la lumière qui irradie de la ville... A peine une poignée d'étoiles qui percent quand le ciel est au plus dégagé, et pourtant j'y vois comme en plein jour. Pas un bruit, pas un mouvement, si ce n'est le vent dans les arbres. Puis un miaulement. Un chat me regarde, miaule. S'éloigne un peu, me regarde, miaule. Je le suis. Il avance tranquillement, sans se presser, sans me distancer mais sans se laisser rattraper, miaulant de temps à autre. Il s'arrête finalement à l'intersection de deux allées. Nous miaulons de concert pendant quelques minutes.

Beaucoup moins fatigué que quelques minutes auparavant, je me remets en route. C'est presque avec reluctance que je rejoins la civilisation, la station de métro...
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Lundi 26 mars 2007
D'une manière générale, j'utilise plus ce blog pour raconter mon voyage que ma vie, mais je pense qu'il n'est pas inutile de signaler que j'ai dorénavant un boulot. Tant pis pour ceux qui espéraient me revoir bientôt, et tant mieux pour ceux qui voulaient des photos de l'ascension du Mont Fuji un mois de juillet!
Par chyro - Publié dans : chyrozeries
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Dimanche 25 mars 2007
Le Mont Fuji est à environ une centaine de kilomètres de Tokyo. Des bus proposent de nous emmener aux villes de Hakone, un peu à l'est, ou de Kawaguchiko, un peu au nord. Le trajet vers Kawaguchiko a duré plus de 2 heures. Les paysages changent progressivement, les immeubles diminuent en taille, le relief s'accentue. Les habitations se font plus rares. On franchit une barrière de montagne, le Mont Fuji apparaît, assiégé par les innombrables maisons de la ville de Kawaguchiko.

L'ascension n'est pas encore possible. Le mont est couvert de neige et n'est pas encore ouvert au publique. On ne peut que parcourir la ville à la recherche du meilleur point de vue possible. C'est une ville finalement assez quelconque, mise à part sa position privilégiée entre le mont Fuji et le lac Kawaguchi. De nombreux bateaux aux formes étranges nagent paresseusement sur le lac. Une petite montagne (ou plutôt une grosse colline) côtoie la ville. Du bas de la montagne, on voit le Mont Fuji. C'est beau. Du haut de la montagne, on voit le Mont Fuji. C'est très beau. Après, je sais pas si ça valait les 4h de route et les 30 euros de bus.

L'ascension du Mont Fuji, voila qui doit être plus intéressant...
Par chyro - Publié dans : fmij
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Samedi 24 mars 2007
Le temps passe, les articles prennent du retard... En preview spéciale: bientot, Mont Fuji et Harajuku!

Mais pour le moment, commençons par Ueno. A 20 minutes de marche de Asakusa, c'est une station de la JR Yamanote. Ça a peut-être l'air de rien, comme ça, mais c'est la ligne qui passe par tous les quartiers principaux de Tokyo, et ça fait de Ueno une station incontournable pour aller vers le centre ville. Mais l'intérêt touristique vient surtout du parc voisin. De grandes allées bordées de cerisiers bourgeonnants promettent d'innombrables pic-nics dans les espaces délimités pour l'occasion. Un marché hétéroclite longe les rives du lac. Une petite allée obscure mène à un temple invisible depuis les axes principaux. Si ce n'était pour les grattes-ciel alentours - et les fleuves humains qui se déversent tranquillement dans les allées - il serait difficile de croire qu'on est toujours en plein centre ville.

Proche du parc, mais loin des touristes, se trouve un autre temple. Les "plum trees" (pruniers?) ne sont plus en fleur, les plaques en bois sur lesquelles les croyants écrivent leurs voeux s'entassent en d'impressionnantes montagnes, mais bien peu viennent s'ajouter au nombre. Le temple est proche d'être désert, à l'exception de quelques stands en sursis vendant quelques derniers en-cas à quelques derniers passants. Non, je ne goûterai pas les boulettes de poulpe.

Le soir approche, nous nous dirigeons vers Shinjuku. Les grattes-ciel nous encerclent, les tours jumelles du Tokyo Metropolitan Government Office nous regardent approcher avec indifférence. La tour sud ferme à 17h30, la tour nord à 22h. Nous décidons de commencer par la tour sud. La vue est saisissante. L'incontournable Roppongi, l'immense tache verte du jardin impérial, la Tour de Tokyo, la baie... A l'ouest, quelques montagnes se détachent à l'horizon. Des signes indiquent la direction du Mont Fuji, mais malgré l'absence de nuage, le temps ne semble pas assez clair pour le distinguer. Les quelques boutiques touristiques ne sont pas suffisante pour retenir notre attention. L'heure de fermeture approche, plutôt que de passer à la tour nord, nous décidons d'aller contempler le coucher de soleil depuis la tour Park Hyatt.

Les plus grands fans de Bill Murray auront déjà reconnu l'hôtel et le bar servant de décor à Lost in Translation. Fontaines, sculptures, l'ambiance est telle qu'on se demande un instant si nos baskets vont nous interdire l'entrée. Le bar-restaurant est au 52e étage. Un serveur nous présente une table, nous avance nos chaises, nous sert un verre d'eau le temps de choisir. L'ambiance est délicieusement mélancolique, et nous dégustons un cocktail en contemplant la ville plonger progressivement dans la pénombre. Certains détails s'estompent, d'autres s'accentuent. Le jardin impérial disparaît dans l'ombre, la Tour de Tokyo s'illumine, une double ligne de rouge et de jaune trahit la présence d'une de ces fameuses routes aériennes. Les lumières de la ville s'étendent à perte de vue. Le temps ralentit, s'arrête.

L'instant est passé, nous reprenons notre route au milieu des lumières que nous contemplions quelques minutes auparavant. Passant de la haute société à la vie lycéenne, nous nous mettons en quête d'un Purikura, raccourci de "Printer Club" (si si c'est logique, les adeptes des katakana comprendront). Il s'agit d'un genre de photomaton personnalisable pour groupe. C'est loin d'être une rareté, et on se retrouve rapidement dans une petite salle entourée de rideaux. Une dizaine de photos s'enchaînent, les poses les plus improbables se succèdent. Les instructions en japonais sont de moins en moins évidentes. Les écrans tactiles permettent à chacun d'essayer tel ou tel bouton, indépendamment des tentatives des autres. L'incompréhension ajoute à l'euphorie, les fous rires se succèdent. Sans surprise, la sélection des photos, la personnalisation et le choix du format sont tous massacrés l'un après l'autre. Le résultat est une horreur indescriptible. Un employé nous demande de sortir et nous informe que cet endroit est réservé aux filles.

Pas plus embarassés que ça, nous achevons notre promenade par un petit restaurant perdu dans une rue obscure. Difficile d'imaginer plus étroit, on a à peine la place de s'installer sur un tabouret entre le comptoir et le mur. Le menu est pratiquement unique, la qualité appréciable, mais c'est surtout l'ambiance qui choque. Dans ce petit restaurant tout en bois, avec sa grosse casserole de soupe dans un coin, son vis-à-vis sur un autre restaurant pratiquement symétrique, on commence à douter de la réalité des salles d'arcade high-tech surplombées de grattes-ciel gigantesques à une ou deux rues de là...
Par chyro - Publié dans : fmit
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Jeudi 22 mars 2007
Ces melon-pan (150 yens, pres du temple d'Asakusa) sont parmis les pains les plus légers que j'aie mangés. Pour peu je serais entré en trance comme dans un certain manga...
Par chyro - Publié dans : fmij
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